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Jean Racine

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Jean Racine
par François de Troy

Né le 22 décembre 1639 à La Ferté-Milon, mort à Paris le 21 avril 1699, Jean Racine est le fils d’un contrôleur du grenier à sel. A l’âge de deux ans, il perd sa mère, puis, deux ans plus tard c’est son père qui disparaît. C’est Marie des Moulins, sa grand-mère paternelle qui va le recueillir et se charger de son éducation.

C’est au monastère de Port-Royal des Champs où sa tante qui est abbesse que Jean Racine va recevoir une formation janséniste. En 1649 sa grand-mère le fait entrer dans un collège également janséniste. Puis en 1655 il entre aux Granges, où l’on donne le même enseignement qu’à Port-Royal. Lancelot lui enseigne le grec, Hamon, le droit, Antoine le Maître lui sert de père. Il baigne dans cette atmosphère de sainteté au milieu de ces anges mortels que sont les religieuses de Port-Royal ; sa tante Sainte-Thècle veille sur lui.

Il entre au collège d’Harcourt de Paris en 1658 pour y faire sa philosophie. Cet établissement est bien sûr dirigé par des jansénistes. Sa famille le destine à entrer dans les ordres. Mais il commence à s’émanciper de la tutelle de Port-Royal, et songe à devenir poète et auteur de théâtre.

La retraite silencieuse et pure des chastes et saintes religieuses fait place au cabaret bruyant où il va deux et trois fois par jour. Il est poète. Il compose des vers selon les circonstances, cherche à les placer, se laisse aller à intriguer un peu auprès de Chapelain, de Perrault. Il écrit des odes pour le roi Louis XIV.

A l’occasion du mariage de Louis XIV en 1660 il compose la Nymphe de la Seine, ode dédiée à la reine Marie-Thérèse d’Autriche. En 1663 Racine publie une ode « Sur la convalescence du roi » qui lui vaut une gratification de 600 livres et une autre « La Renommée aux muses », où il remercie le roi de sa générosité.

En 1663 Racine fait la connaissance de Boileau qui deviendra son meilleur ami : peu d’hommes auront été liés aussi étroitement. Molière, de dix-sept ans l’aîné de Racine, accueille et monte sa première tragédie « Thébaïde » en 1664. Aussitôt Sainte-Thècle, la tante de Racine lui envoie sa malédiction : « J’ai appris avec douleur que vous fréquentiez plus que jamais des gens dont le nom est abominable à toutes les personnes qui ont tant soit peu de piété, et avec raison, puisqu’on leur interdit l’entrée de l’Église et la communion des fidèles, même à la mort ». La rupture avec Port-Royal est presque consommée.

Il fait répéter sa tragédie « Alexandre », à la fois chez Molière et à l’Hôtel de Bourgogne. Il donne sa préférence à ce dernier théâtre, sans aucun égard pour Molière qui lui avait fait faire ses premiers pas, il se conduit comme un goujat. Le second Racine, le fauve, est arrivé à terme. Il est bien décidé à la révolte : cette révolte, c’est son ancien maître, Pierre Nicole qui la déclenche.

1666, dans ses Visionnaires, Nicole condamne la comédie avec la plus grande sévérité, et traite les poètes de théâtre d’Empoisonneurs publics. Ne se maîtrisant plus, Racine publie deux lettres adressées à l’auteur des Visionnaires, dont la lecture fait encore frémir. Même Boileau ne peut le retenir, Racine vient de rompre les derniers liens avec Port-Royal. Cela va durer dix ans, de 1667 à 1677, période qui va rapporter au patrimoine dramatique français huit de nos plus grands chefs-d’oeuvre.

En 1667, Racine enlève à Molière l’une de ses meilleures actrices, Thérèse du Parc pour lui offrir le rôle phare de son « Andromaque » présentée à l’Hôtel de Bourgogne et qui remporte un immense succès. Cette femme qui devient sa maîtresse meurt en couche quelques temps plus tard

Un soir il assiste à une des représentations d’Andromaque au cours de laquelle une jeune actrice tient le rôle d’Hermione, à la place de la Des Oeillets. Cette jeune tragédienne est la Champmeslé à qui il va faire créer Bérénice. Racine se lie à la Champmeslé, vraisemblablement jusqu’à Phèdre. Elle est sa maîtresse officielle, mais celui-ci se verra souvent obligé de la partager avec beaucoup d’autres.

Phèdre est représentée le 1er janvier 1677. Cette représentation est massacrée car trois jours après devait paraître la Phèdre de Pradon. On sait que la duchesse de Bouillon, ayant loué entièrement les deux salles rivales pour les mêmes soirs, convia ses amis à la représentation de la pièce de Pradon, forçant ainsi les interprètes de Racine à jouer devant une salle vide.

Après cet échec, Racine renonce au théâtre, et se marie avec Catherine de Romanet, dont il aura sept enfants.Quatre de ses cinq filles seront religieuses. Grâce à d’influentes protections (Condé, Conti, le maréchal de Luxembourg), il reçoit la même année la charge d’historiographe royal.

Il compose à la demande de Mme de Maintenon pour les jeunes filles de Saint-Cyr, une tragédie biblique avec choeurs : Esther, représentée pour la première fois à Saint-Cyr le 26 janvier 1689. Cette tragédie rencontre un vif succès. Protégé de la cour il est nommé en 1690 gentilhomme ordinaire du roi. Puis c’est « Athalie » qu’il écrit en 1691 pour Mme de Maintenon. Cette deuxième tragédie aura autant de succès que la précédente.

Le 21 avril 1699, il meurt d’une tumeur au foie. Réconcilié avec Port-Royal depuis 1677, il est enterré dans le monastère janséniste.

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Publié le 5 mai 2003 - Modifié le 17 septembre 2006
 
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