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L’affaire des Templiers

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Les Templiers

L’ordre des Templiers est fondé au début du XIIe siècle, après la première croisade, par deux chevaliers français : Hugues de Payns et Geoffroy de Saint-Omer.

L’ordre du Temple est à l’origine destiné à recruter une garde de chevaliers pour la protection des lieux saints et notamment le Temple de Jérusalem, mais aussi des pèlerins.

Les Templiers sont des moines-soldats, soumis à une règle monastique, voués à l’abstinence pour conserver leur aptitude au combat.

Implantés en Orient, ils amassent de nombreuses richesses, obtenues par donations ou concessions (terres, commanderies, rentes). Très vite, les Templiers s’imposent comme un ordre puissant et riche. Ces richesses les éloignent de leur but initial, et peu à peu, ils s’imposent comme les banquiers de l’Occident. Ils font des transactions financières leur activité principale.

Pendant plus d’un siècle, de Philippe-Auguste à Philippe IV Le Bel, le trésor du Temple est un véritable centre financier.

Cependant, l’ordre devient de plus en plus la cible des critiques et des attaques de toutes parts. Ils sont devenus impopulaires et leurs richesses excitent la convoitise. On en veut surtout aux Templiers de ne pas avoir su défendre la terre Sainte, objectif pour lequel l’ordre a été fondé. Ce sont sur des rumeurs que les Templiers sont arrêtés, puis interrogés et torturés, avant d’être condamnés, jugés et brûlés sur le bûcher. Leur ordre est supprimé en 1312.

L’affaire des Templiers fit trembler le royaume de France, et anima la lutte ouverte entre le roi et le Pape.

C’est en Languedoc que les premières rumeurs voient le jour, par le biais d’un bourgeois : Esqieu de Floyran.

Celui-ci apprend par un ancien Templier que les frères de l’ordre s’adonnent à des rites contraires à la foi du Christ.

Des révélations si énormes qu’il décide de les communiquer à la plus haute autorité de sa région, le roi d’Aragon Jacques II.

Cependant, celui-ci ne donne pas suite à ces rumeurs et Esqieu de Floyran se tourne vers le roi de France, Philippe IV Le Bel, petit-fils de Saint-Louis, qui a hérité de ses valeurs religieuses mais aussi de son autorité.

C’est donc en tant que défenseur des intérêts de la chrétienté que le roi porte une écoute attentive à ce témoignage sur l’ordre du Temple, qui est un corps indépendant à l’intérieur même de son royaume.

On reproche aux Templiers de s’être éloigné de leur objectif, celui de protéger les lieux saints et les pèlerins. En 1291, ils ont été incapables de contrecarrer l’offensive des musulmans sur la ville de Saint-Jean d’Acre.

En effet, au lieu de déployer leur vaillance dans la péninsule ibérique, pour lutter contre l’invasion des Maures, les Templiers se sont concentrés en France où ils n’avaient pas de raison d’être.

L’antipathie envers les templiers se manifeste surtout lorsqu’ils commencent à faire des opérations boursières et à être les gérants du Trésor royal.

S’enlisant dans leurs nouvelles fonctions, un projet d’union avec l’ordre de l’Hôpital est mit en avant par l’entourage du roi. Or, cette fusion, qui peut éclaircir la situation, quant à leur objectif, est catégoriquement refuser par son Grand Maître, Jacques de Molay.

Pourtant ce projet est une mise en garde pour les templiers qui ne comprennent pas la gravité de la situation.

Ensuite, les Templiers sont accusés d’être des hérétiques, de s’éloigner de celui qu’ils doivent servir et répandre ses bienfaits.

Surtout, ces crimes viennent de personnes vouées au combat de cette même foi religieuse. Les frères Templiers sont contraints de renier le Christ lors des cérémonies religieuses.

On accuse aussi les Templiers d’adoration d’une idole en forme de tête d’animal.

Enfin, les Templiers ont exécuté des rites secrets et obscènes au moment des cérémonies en l’honneur de nouveaux frères. Ces rituels sont jugés comme blasphématoires par l’Eglise catholique. C’est cette conduite douteuse qui amène les Templiers à des pratiques homosexuelles et de sodomie.

Face à de telles accusations calomnieuses et scandaleuses portées sur les Templiers, le roi Philippe IV Le Bel se doit de réagir et d’exiger une enquête afin de connaître la vérité sur l’ordre et faire cesser les rumeurs.

Discrètement menée, au printemps 1307 sur l’ordre du roi et de son légiste Guillaume de Nogaret, une première enquête est ouverte. Pour mieux s’informer et sûrement aussi pour prendre au piège les Templiers, on place dans l’ordre, d’anciens membres. Ceux-ci ont l’ordre d’espionner les Templiers, sur leurs pratiques lors des cérémonies mais aussi de faire des rapports sur tout ce qui se déroule dans les maisons du Temple et même sur le contenu meuble et immeuble de ces forteresses.

par Cyra
Publié le 1er avril 2004 - Modifié le 17 septembre 2006
 
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