
Homme d’Etat français né en Lorraine le 28 juin 1719, mort à Paris en 1785, fils d’un grand chambellan du duc François de Lorraine, le marquis de Stainville, petit-fils du baron de Beaupré, gouverneur de Saint-Domingue, Choiseul entreprend une carrière militaire avant d’embrasser la diplomatie.
Il sera successivement Ambassadeur à Rome en 1753 il obtient du souverain pontife une encyclique qui met fin à la querelle avec les jansénistes (affaire des billets de confession et du refus des sacrements), puis à Vienne en 1756 où il prépare le renversement des alliances (la Prusse devient pays ennemi commun de la France et de l’Autriche) ; en récompense des services rendus, la terre de Stainville est érigée en duché, l’ambassadeur prend le titre de duc de Choiseul en 1758.
Il faut noter qu’en épousant la fille du riche financier Crozat, dont la sœur est une des intimes de Mme de Pompadour, il aura eu tous les appuis nécessaires de cette dernière pour mener à bien sa carrière diplomatique.
Secrétaire d’État aux Affaires étrangères de 1758 à 1761, responsable des ministères de la Guerre de 1761 à 1770 et de la Marine de 1761 à 1766 où il cherche à limiter la participation de la France à la guerre continentale sans rompre l’alliance autrichienne. .
Pendant la guerre de Sept Ans, Choiseul renforce l’alliance autrichienne et conclut le « pacte de Famille » avec les Bourbons d’Espagne, de Parme et de Naples afin de freiner l’expansion britannique (1761).
A l’issue de ce conflit, Choiseul apporte de grandes innovations dans l’organisation de l’armée (nouvelle artillerie, abolition de la vénalité des grades, création d’une école militaire) et de la marine (construction navale, création d’arsenaux).
Il impose le respect du traité de 1738 prévoyant le retour de la Lorraine à la France, à la mort de Stanislas (1760) et, deux ans plus tard, négocie l’achat de la Corse afin de rétablir notre maîtrise en Méditerranée.
Ministre dirigeant pendant douze ans, il partage avec son cousin Choiseul-Praslin les charges de trois secrétariats d’État, il laisse au chancelier et au contrôleur général des Finances la liberté de leurs initiatives dans les réformes financières et économiques.
L’affaire d’Aiguillon-La Chalotais permet à Louis XV de mesurer le résultat d’une politique de faiblesse. La découverte d’une négociation menée secrètement par Choiseul avec l’Espagne pour une reprise de la guerre contre l’Angleterre, guerre dont le roi ne veut à aucun prix, achève la disgrâce du ministre à la fin de 1770
En mai de la même année, il avait pu faire aboutir sa politique autrichienne en faisant conclure le mariage du dauphin Louis avec l’archiduchesse Marie-Antoinette. Pour cette dernière, le départ de Choiseul est une défaite et marque la victoire du clan de la Du Barry.
Choiseul, installé sur sa terre de Chanteloup, entretint sa légende à coups de lettres et de mémoires.
Pour la petite histoire Catherine II la Grande le surnomma le « cocher de l’Europe ». Le duc est inhumé au cimetière d’Amboise et sa tombe est inscrite à l’Inventaire Supplémentaire des Monuments Historiques.