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Les Bateaux-Mouches

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Nous sommes en 1665, Louis XIV essaye de développer la batellerie sur les conseils de Colbert. Pour ce faire, il accorde des lettres de patentes pour créer ces batelets. Cet usage durera pendant un siècle et demi.

Les conditions imposées à ces bateliers sont draconiennes jugez-en vous-même :

A partir de 1716, depuis le port Saint-Nicolas situé au pied du Louvre, nous voyons une multitude de petits bateaux qui pour deux, trois ou quatre sols conduisent leurs passagers vers Chaillot, Passy, Auteuil et le moulin de Javel. Au bas du pont Royal, ce sont les galiotes [1] de Sèvres pour Versailles et Saint-Cloud qui prennent leur départ le matin à huit heures.

En cette année 1735, le Bureau de la Ville fixe les tarifs par personne comme suit : quatre sols pour Sèvres et St-Cloud, deux sols pour Chaillot et Passy et deux sols et six deniers pour Auteuil. En 1754, le service hebdomadaire entre le pont Royal et Sèvres ou St-Cloud revient à cinq sols par personne. Aux même endroits on peut trouver des petits batelets couverts, d’une capacité de seize places que tout voyageur peu emprunter pour lui seul et à l’heure de son choix moyennant la somme de quatre livres.

On pense que c’est vers 1807 qu’il faut ajouter au prix du passage, quelques sous pour St-Nicolas qui représentent en fait le pourboire des bateliers. La grande majorité de ces embarcations sont mues à la rame. Cependant certaines utilisent la voile ou la traction animale. Sur le service entre le pont Royal et St-Cloud, il est possible aussi de se restaurer et de boire du brandevin, du sirop d’orgeat, du ratafia, du limon et de la bière. En un mot, ces bateaux sont devenus des tavernes ambulantes.

Il faut savoir aussi que les bateliers de la Seine sont très mal embouchés. Le moindre incident avec une autre embarcation et ce sont les injures qui fusent. Mieux encore, les passagers prennent fait et cause pour leur batelier et invectivent les passagers de l’autre bateau qui bien sûr en font autant. Cela ne durera pas et l’ère des grandes compagnies approche...

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Premiers bateaux à aube vers 1825

Terminé les tavernes à bord des bateaux parisiens. Les capitaines de ces embarcations sont très courtois. Nous sommes en 1825 et les premiers bateaux de voyageurs à « aube » font leur apparition entre Paris et St-Cloud. (photo ci-contre)

Le 19 juillet 1865, le service devient une organisation d’état avec un cahier des charges et des concessions accordées pour une période de 15 ans.

Le premier concessionnaire est la Compagnie des Bateaux de Lyon dite des « Bateaux-Mouches ». Puis en 1873 c’est au tour de la Compagnie des Hirondelles Parisiennes (photo ci-dessous) qui sous-traite son exploitation à la Compagnie des Bateaux Omnibus en 1875.

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Une « Hirondelle » vers 1875

Fin 1881 les deux compagnies ayant atteint l’échéance de leur concession demandent le renouvellement de cette dernière. Le ministre des Travaux Publics estimant qu’il n’y a pas lieu de limiter la durée de concessions décide que la navigation sur la Seine et sur la Marne serait libre pour les bateaux de voyageurs.

En 1883, c’est au tour de la Compagnie des Bateaux Express d’exploiter une ligne entre Suresnes et Charenton. En 1886, ces compagnies fusionnent sous le nom de Compagnie des Bateaux Parisiens qui continuera l’exploitation jusqu’en 1917. Cette dernière étant déficitaire, l’Etat réquisitionne les bateaux parisiens. Les pertes sont tellement importantes que l’exploitation est arrêtée définitivement du 1er janvier 1918 à 1920.

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Compagnie des Bateaux-Mouches

A partir de 1920, la Compagnie des Bateaux Parisiens vend une partie de son matériel au département de la Seine. La TCRP (RATP de nos jours) qui vient d’être créée va se charger d’exploiter ce service. Compte tenu des différents aléas de navigation tels que les crues, brouillards ou froids, le service est radicalement différent. Seules les lignes rentables vont être conservées. Le nombre de bateaux est considérablement diminué, parallèlement le nombre de voyageurs potentiels augmente de manière importante.

Vouloir faire une promenade en bateau relève plus du « parcours du combattant » que d’un simple loisir. Même une personne munie de son billet n’est pas sûre d’embarquer !

Avant 1914, la Compagnie des Bateaux Parisiens n’avait pas beaucoup de personnel et demandait de façon permanente des renforts de police à la préfecture pour assurer la sécurité à certains « points chauds » comme le prescrivait la décision préfectorale du 12 avril 1911. Avec la TCRP, la gestion du personnel est différente. En saison, cette dernière puise dans son personnel des tramways et des omnibus et place aux escales encombrées des contrôleurs et des receveurs comme préposés supplémentaires. Elle ne demande plus de façon systématique des renforts de police : la sécurité est maintenant loin d’être assurée.

L’état d’esprit du public de l’après guerre n’est plus le même. Il ne faut pas grand chose pour que les esprits s’échauffent. Le moindre différent génère une bagarre. Les agents de la TCRP n’ont aucun pouvoir, ils sont au premier plan et sont généralement les premières victimes de ces échauffourées.

De nos jours plusieurs compagnies se partagent le marché et l’on peut naviguer assez loin au départ de Paris. Quelques liens vers les sites de ces compagnies sont à votre disposition ci-contre.

par Webmaster


[1] Caboteur à voiles, de forme arrondie à l’avant et à l’arrière, à fond plat et dérives latérales, utilisé autrefois par les Hollandais.


Publié le 28 octobre 2002 - Modifié le 17 septembre 2006
 
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