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Georges Jacques Danton

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Georges Jacques Danton

Né à Arcis-sur-Aube en 1759, mort à Paris en 1794, Danton est issu d’une famille de la petite bourgeoisie. Petit-fils d’huissier et fils d’avocat, c’est très naturellement qu’il s’orientera vers le droit.

Sa mère reste veuve avec six enfants dès 1762 et il est mis en nourrice dans une ferme où il fait une chute qui lui écrase le nez et lui déforme les lèvres.

Après de médiocres études au petit séminaire de Troyes, puis chez les Oratoriens de Troyes, il refuse d’entreprendre une carrière ecclésiastique.

Danton part pour Paris, travaille dans un cabinet d’avocat. Puis il passe six mois à la faculté de Reims où il achète une licence en droit, comme il est possible de le faire à la fin de l’Ancien Régime.

Inscrit au barreau de Paris, il ne plaide guère, préférant fréquenter les cafés où il se fait de nombreux amis. Son mariage avec la fille d’un riche cafetier parisien lui permet d’obtenir la charge d’avocat au Conseil du roi en 1787.

Il ne joue aucun rôle dominant avant le 10 août 1792 bien qu’en 1789 il participe aux réunions du district des Cordeliers, avec Camille Desmoulins et Marat et qu’il appelle en 3 octobre 1789 son district des Cordeliers, à prendre les armes. Devenu président des Cordeliers, il gagne sans cesse en popularité, notamment grâce à ses qualités d’orateur.

Lors de la crise de Varennes en juin 1791, il soutient habilement aux Jacobins [1] l’idée d’une régence assurée par Philippe d’Orléans. Toujours aux Jacobins, Danton demande le remplacement de Louis XVI, alors que les Cordeliers exigent l’abdication du roi. Après la fusillade du Champ-de-Mars, le 17 juillet 1791, contre les manifestants républicains, Danton se réfugie quelque temps en Angleterre.

A son retour en novembre 1791, il est élu substitut du procureur de la Commune de Paris avec l’aide de la cour, qui pratique alors la politique du pire. Danton favorise les révolutionnaires parisiens, le 10 août 1792. De connivence avec eux l’Assemblée législative le nomme ministre de la Justice.

Le 2 septembre 1792, devant l’invasion autrichienne menaçante, il demande : « De l’audace, encore de l’audace, toujours de l’audace ! » Il est élu député de Paris le 5 septembre, juste derrière Robespierre. C’est pourtant par des actes plus que par des phrases que, dans ces jours critiques, Danton a bien mérité de la patrie en danger. Audace, bien sûr, mais aussi sang-froid et habileté manœuvrière : c’est par ses agents doubles qu’il entrave le déclenchement d’une première rébellion vendéenne, et par ses émissaires qu’il achève de démoraliser le haut état-major prussien après Valmy.

Il quitte son ministère pour exercer à la Convention son mandat de député de Paris où il va s’opposer à Robespierre non pas pour des convictions qu’il ont en commun, mais pour un style qu’ils ne partagent pas. Devenant l’un des chefs de la Montagne, il y retrouve ses amis du club des Cordeliers tels que Camille Desmoulins, Fabre d’Églantine et Chabot, un ancien capucin.

En janvier 1793, en compagnie des Montagnards [2] Danton vote la mort du roi Louis XVI. Puis il participe à la création du tribunal révolutionnaire en mars 1793, qu’il préside à partir de juillet, puis entre dans au Comité de Salut Public, organe exécutif de la Ière République en avril 1793. Très vite les problèmes vont surgir : bien qu’ayant la même notoriété que Robespierre, on va lui reprocher de ne pas s’être opposé aux contre-révolutionnaires, la trahison de Dumouriez qu’il n’a su prévenir bien qu’il fut chargé de l’enquête en novembre 1792. Même ses amis Jacobins lui reprochent son image de bon vivant enclin à s’enrichir. Pour ces faits il est déchu de la direction du Comité au profit de Robespierre le 10 juillet 1793.

A partir d’août 1793, il défend avec faconde les revendications des sans-culottes, appuie la mise de la Terreur à l’ordre du jour, comme la création de l’armée révolutionnaire. A cause de ses prises de position, il se fait mettre en congé le 12 octobre et se retire (une fois de plus) à Arcis-sur-Aube.

Revenant le 20 novembre, il perd sa place dominante au club des Cordeliers, où son ancien ami Hébert répand des idées socialistes auxquelles Danton, bourgeois et propriétaire, n’adhère pas. Il créé le mouvement des Indulgents, il blâme les violences antireligieuses en s’élevant contre la déchristianisation (athée lui-même, il flétrit éloquemment les « mascarades antireligieuses ») et déconseille l’exécution de Marie-Antoinette.

La rupture des « dantonistes » avec les Jacobins est consommée à la fin de l’année 1793, période durant laquelle Robespierre tente de maintenir l’équilibre politique de son gouvernement en en écartant les plus radicaux et les modérés. A cause des mesures prises par Robespierre Danton se retrouve presque sans amis. De plus, il est compromis par l’association de son nom à celui du député Fabre d’Églantine dans l’affaire de la liquidation de la Compagnie des Indes.

Le 30 mars 1794, quinze jours après l’exécution des hébertistes, Danton est arrêté avec Desmoulins et Fabre d’Églantine, sous le prétexte d’être un ennemi de la République. Il est jugé par le tribunal révolutionnaire à partir d’un acte d’accusation préparé par Saint-Just. Il se défend avec des éclats de voix si éloquents qu’il faut extorquer à la Convention un décret, assez immonde, pour clore les débats hors de sa présence. Il est condamné à mort et guillotiné le 5 avril 1794 en compagnie de Camille Desmoulins.

Ses derniers mots lancés au bourreau sont restés célèbres : « N’oublie pas surtout, n’oublie pas de montrer ma tête au peuple : elle en vaut la peine. »

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[1] Société politique qui joua un rôle important pendant la Révolution française de 1789 à la fin de 1794. En janvier 1790, le club prend le nom de Société des amis de la Constitution et tint ses réunions au réfectoire du couvant dominicain des Jacobins situé rue Saint Honoré à Paris. Jusqu’en juin 1791 et avant la fuite du roi, le club rassemblait tous les députés patriotes. Citons parmi ses membres Barnave, La Fayette, Mirabeau, Talleyrand, Sieyès, Robespierre, Petion...

[2] Pendant la Révolution française nom donné aux députés qui siégeaient sur les plus hauts bancs (la montagne) de l’Assemblée législative et qui se distinguaient par leurs positions extrémistes. Parmi ceux-ci on retiendra Barras, Collot d’Herbois, Saint Just, Fabre d’Eglantine, Fouché, Marat, Robespierre, Couthon...


Publié le 28 octobre 2002 - Modifié le 16 septembre 2006
 
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