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Henri III

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Henri III

Né à Fontainebleau en 1551, mort à Saint-Cloud en 1589, Henri duc d’Anjou, dernier des Valois, troisième fils d’Henri II et de Catherine de Médicis et frère de Marguerite de Valois, de Charles IX et de François II.

Il est l’un des chefs de la lutte contre les huguenots, qu’il battra à Jarnac et à Moncontour en 1569. Commandant l’armée qui vient d’investir La Rochelle, il apprend le 11 mai 1573 son élection par la diète [1] de Varsovie au trône de Pologne.

Le 22 août une ambassade composée de grand seigneurs polonais vient lui remettre solennellement le traité d’élection au trône de Pologne. Dans un même temps le roi Charles IX qui est son frère aîné lui signifie qu’il sera son héritier au trône de France.

Il n’a pas très envie de quitter les siens et plus particulièrement Marie de Clèves princesse de Condé sa favorite. Il n’a plus le choix, il doit partir. Il s’attarde jusqu’au 2 décembre en Lorraine et parvient à Cracovie en février 1574. Il est reçu avec tous les honneurs dus à son rang. Les fastueuses cérémonies du couronnement passées, Henri s’ennuie. Il est vrai qu’il n’a pas grand chose à faire, il doit partager le pouvoir avec la noblesse qui exerce quasiment seule l’exécutif et le législatif.

Le 14 juin 1574 il apprend la mort de Charles IX, il quitte le château à l’insu de tout le monde et prend le chemin de l’Italie où il va découvrir la terre de ses ancêtres.

Le 2 septembre 1574 il fait une entrée triomphale à Chambery. Quittant la Savoie il retrouve son frère François d’Alençon et Henri de Navarre venus l’accueillir à la frontière française. Le 6 il entre dans Lyon en compagnie de sa mère Catherine de Médicis. Le roi de France va très vite oublier son règne polonais qui ne dura que 146 jours.

Le 13 février 1575 il est sacré roi à Reims sous le nom d’Henri III. Il se marie le 15 du même mois à Louise de Vaudémont. C’est un mariage sans amour, son coeur est resté avec Marie de Clèves qui est morte en couches le 30 octobre 1574.

Très vite il doit faire face à l’opposition des protestants, des catholiques modérés et des ultra-catholiques conduits par la famille de Guise. En 1576 Henri III signe l’édit de Beaulieu, appelé paix de Monsieur, qui assure aux Réformés la liberté de culte et leur accorde une représentation dans les parlements provinciaux. Hostiles à cet édit, les catholiques, dirigés par Henri Ier de Lorraine, 3é duc de Guise, forment alors la Ligue.

Son pouvoir étant menacé, il reprend la guerre contre les protestants. Après la paix de Nérac en 1580, le roi ordonne la dissolution de la Ligue. L’apaisement n’est que provisoire. La lutte religieuse devient de plus en plus violente à partir de 1584, lorsque la mort du jeune duc d’Alençon, frère du roi, fait du protestant Henri de Navarre (futur Henri IV) l’héritier légitime du trône de France.

Toujours menacé par Henri de Guise, le roi décide de le faire assassiner le 23 décembre 1588. Dès qu’il apprend la mort du prince, Henri III fait arrêter le Cardinal Louis de Guise qui est exécuté le lendemain. Il fait aussi arrêter les principaux chefs de la Ligue. Les corps des frères de Guise sont brûlés et leurs cendres sont jetées dans la Loire.

La nouvelle de ces exécutions s’étant répandue, la ville de Paris entre en rébellion ouverte. Le roi se replie à Tours, où il cherche l’appui d’Henri de Navarre. le 3 avril 1589, il signe avec celui-ci le traité de Plessis-lès-Tours, par lequel royalistes et protestants concluent une trêve et dirigent leurs armes contre la Ligue. C’est avec Henri de Navarre qu’il va reconquérir son royaume. Leurs armées sont aux portes de Paris qui est tenu par les ultra-catholiques.

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Assassinat d’Henri III
par le moine Jacques Clément

Nous sommes le 1er août 1589, Jacques de Guesle procureur général du parlement de Paris entre dans la chambre du roi. Il est accompagne d’un frère Jacobin (Dominicain) qui dit être porteur de nouvelles en provenance du Louvre. Le moine s’approche du roi sous prétexte que ces nouvelles son confidentielles, il fait mine de prendre des lettres, sort un couteau et frappe Henri III au ventre. Ce dernier arrache l’arme de sa blessure et frappant son adversaire par trois fois s’écrie : « Ah ! Méchant, tu m’as tué ! ».

Voyant le roi en sang, les gardes transpercent le moine Jacques Clément puis le jettent par la fenêtre. Malgré les soins apportés, Henri III est mourrant. Henri de Navarre prévenu par un messager accourt au chevet du roi. Ce dernier le met en garde : « Voyez mon frère comme vos ennemis et les miens m’ont traité. Il faut que vous preniez garde qu’ils ne vous en fasse pas autant ». Puis Henri III invite les gentils-hommes présents à reconnaître Henri de Navarre comme son successeur : « Je vous en prie comme mes amis et vous ordonne comme roi que vous reconnaissiez après ma mort mon frère que voilà, que vous ayez la même affection et fidélité pour lui que vous avez toujours eue pour moi et que pour ma satisfaction et votre propre devoir, vous lui prêtiez serment en ma présence ».

Après avoir reçu l’extrême-onction vers minuit, le roi s’éteint le 2 août 1589 à 2 heures du matin.

Les mignons d’Henri III

Ce sont des nobles d’épée, qui constituent ses favoris, tel est en effet le sens du mot « mignon » au XVIe siècle, à l’exclusion de toute connotation sexuelle, même si les libellés dirigés contre le roi vont jusqu’à parler de « mignons de couchette ». Les plus célèbres des mignons sont les deux « archimignons », les ducs d’Epernon, et de Joyeuse, ainsi que François d’O.

par Webmaster


[1] Nom donné autrefois à certaines assemblées politiques, dans plusieurs pays européens, comme la Hongrie, la Suisse ou la Pologne.


Publié le 28 octobre 2002 - Modifié le 2 septembre 2012
 
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