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Henri IV

La vie du roi
La famille d’Henri IV
Henri IV de 1553 à 1580
Henri IV de 1581 à 1591
Henri IV de 1592 à 1610

La vie du roi

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Henri IV

Né à Pau le 14 décembre 1553, assassiné à Paris par Ravaillac le 14 mai 1610, Henri de Navarre roi de France de 1589 à 1610 sous le nom d’Henri IV et de Navarre de 1572 à 1610, est le fils d’Antoine de Bourbon et de Jeanne III d’Albret, reine de Navarre.

Bien que baptisé en 1554, il reçoit de sa mère une éducation calviniste qui le fera passer à la religion réformée dès la fin 1559.

Après une jeunesse passée dans le Béarn jusqu’à l’âge de 8 ans, c’est à la cour que se poursuit son éducation.

Il revient au catholicisme pendant quelques mois et ce jusqu’à la mort de son père en 1562. Son retour au calvinisme se concrétise par sa présence et celle de sa mère au synode de la Rochelle qui élabore les bases de l’Église réformée de France.

A la mort de Louis Condé de Jarnac en 1569, Henri de Navarre devient le chef du parti réformé : il a 15 ans. Adoubé par sa mère la reine de Navarre, il part s’initier à l’art de la guerre sous la protection de de Gaspard de Châtillon dit l’amiral de Coligny.

En 1572 Jeanne d’Albret et Catherine de Médicis décident le mariage d’Henri de Navarre avec Marguerite de Valois afin de tenter une réconciliation entre les catholiques et les protestants. Le 18 août de la même année c’est le mariage.

Contrairement à l’habitude, l’échange des consentements ne se fait pas à l’intérieur de Notre-Dame de Paris, mais sur une estrade dressée sur le parvis à cette occasion. Devant une foule immense, figée, le cardinal de Bourbon les marie. Henri de Navarre conduit ensuite sa femme à l’intérieur de la cathédrale. Comme il en a été décidé, il n’assiste pas à la bénédiction et quitte les lieux. Le duc d’Anjou frère du roi Charles IX et futur Henri III conduit sa soeur à l’autel. Quelques heures plus tard Henri de Navarre revient chercher son épouse.

Les 3 jours de fête qui vont suivre sont une véritable provocation. Un spectacle est donné où Henri de Navarre et les siens représentent des chevaliers tentant de forcer les portes du paradis qui sont repoussés par trois cavaliers célestes incarnés par Charles IX et ses frères.

Donnant insidieusement aux huguenots [1] le rôle des méchants et érigeant les catholiques en défenseurs de la chrétienté, le tournoi qui se déroule dans la cour du Louvre jette de l’huile sur le feu des dissensions religieuses et politiques. Le roi, ses cadets, leur demi-frère le bâtard d’Angoulême et Henri de Guise y sont travestis en amazones alors que Navarre et sa suite sont costumés en Infidèles, vêtus à la turque.

La venue des quatre mille gentilshommes de la suite en armes d’Henri de Navarre excite la hargne des Parisiens bons catholiques, aiguillonnés par les prêches haineux du clergé. Trois jours après la fin des noces, l’orage éclate sur Paris.

À l’aube du 24 août 1572 jour de la saint Barthélemy, au signal du tocsin de Saint-Germain-l’Auxerrois (la paroisse royale), les assassins se répandent dans la ville et massacrent les protestants. Ils sont aussitôt suivis par la populace des pillards. Il y aura quelque trois mille morts. Le prince de Condé et le futur Henri IV n’échappent au massacre qu’au prix d’une conversion éclair, que prolonge une détention dorée à la cour, assez stricte pour qu’Henri IV ne puisse s’échapper qu’en 1576. Du 25 août au 3 octobre, les meurtres se poursuivent dans nombre de villes de province, en dépit de l’ordre royal d’arrêter l’effusion de sang.

A vingt-trois ans il devient le chef du parti protestant. En juin 1584 François II duc d’Alençon meurt. Henri IV devient l’héritier virtuel du trône de France.

Il a beau prouver son efficacité, battre le duc de Joyeuse à Coutras (1587), s’allier aux protestants allemands ou anglais, la Ligue bloque l’accès d’un trône au demeurant chancelant. Il se rapproche d’Henri III qui, sur son lit de mort, le désigne comme seul héritier légitime le 1er août 1589.

Après avoir tenté par deux fois de prendre la capitale ( 1589, 1590 ), il décide de laisser jouer les divisions du parti adverse. Il gagne le monde parlementaire et la haute bourgeoisie parisienne, épouvantés par les excès de la Ligue.

Le 25 juillet 1593 à Saint-Denis Henri IV abjure sa foi protestante qui lui inspire la phrase suivante : « Paris vaut bien une messe ». Il se fait sacrer roi à Chartres le 24 février 1594 et entre dans Paris le 22 mars 1594.

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Manuscrit de l’Edit de Nantes
Archives Nationales

Les catholiques extrémistes de la Ligue, dirigés par Mayenne, les frère des Guises, et les Espagnols poursuivent la guerre. Mayenne, battu en juin 1594, finit par faire sa soumission ainsi que celle du duc de Mercoeur, qui tient la Bretagne en mars 1598. La paix avec l’Espagne est obtenue par le traité de Vervin le 2 mai 1598 qui confirme celui de Cateau-Cambrésis [2].

L’édit de Nantes signé le 13 avril 1598 réalise la pacification religieuse du royaume, accordant de vastes privilèges aux protestants, et met un terme aux guerres de religion.

Henri IV restaure l’Etat et le pouvoir monarchique, et pense surtout à reconstruire la France, déchirée par plus de trente ans de guerre civile. Il est aidé dans son entreprise par des conseillers choisis pour leur valeur, ex-ligueurs ou huguenots. Le duc de Sully, qui restera toujours protestant bien qu’ayant conseillé au roi de se convertir, sera son principal ministre et ami ainsi que Villeroy, ancien ligueur, homme de robe, véritable ministre des Affaires étrangères.

En 1610 Henri IV, disposant d’une armée entièrement réorganisée par Sully, décide de lancer la guerre contre les Habsbourg dont les armées occupaient Clèves et Juliers depuis le début de l’année.

Le roi s’apprêtant à rejoindre son armée est assassiné par Ravaillac, un catholique fanatisé, le 14 mai 1610, rue de la Ferronnerie à Paris.

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[1] Surnom donné par les catholiques aux calvinistes, en France, aux XVIème et XVIIème siècles.

[2] Le traité du 2/04/1559 garantissait à la France de nouvelles alliances, une frontière sûre vers le nord comme avec l’Espagne, une reconnaissance mutuelle avec l’Angleterre. Les Trois-Évêchés n’étaient pas concernés puisqu’ils dépendaient de l’Empire, et la France les conserva. Les alliances ont été scellées par le mariage de Philippe II d’Espagne avec Élisabeth, la fille d’Henri II, et de Marguerite, la soeur du roi, avec le duc de Savoie.


Publié le 28 octobre 2002 - Modifié le 30 septembre 2012
 
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