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Charles Baudelaire

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Charles Baudelaire

Poète français né à Paris le 9 avril 1821, mort à Paris le 31 août 1867, Charles Baudelaire est le fils de Joseph-François Baudelaire alors âgé de soixante-deux ans lors de la naissance de Charles, et de Caroline Dufays qui a seulement vingt-sept ans.

Charles Baudelaire ne va pas connaître longtemps son père : ce dernier meurt le 10 février 1827. Sa mère se remarie en le 8 novembre 1828 avec le futur Général Aupick, au grand désespoir de Charles qui d’emblée, déteste cet intrus qui va le priver d’une part de la tendresse maternelle.

Le lieutenant-colonel Aupick tenant garnison à Lyon, Baudelaire y est placé en interne au Collège royal, puis au lycée Louis-le-Grand à Paris où il mène de brillantes études jusqu’à son exclusion en 1839 pour cause d’indiscipline. Après avoir néanmoins obtenu son bac, il laisse de côté les études de droit auxquelles il était « classiquement destiné » et décide de se consacrer à l’écriture.

Insouciant, Baudelaire mène une vie de bohème au Quartier Latin, entame une liaison tapageuse avec une prostituée juive nommée Sarah la Louchette qui lui donne la syphilis. Charles commence à avoir de sérieuses difficultés avec sa famille, au cours d’un repas il aurait essayé d’étrangler Aupick. En 1841, son beau-père désirant mettre fin à ses fredaines le fait embarquer de force sur le Paquebot-des-Mers-du-Sud, pour un long voyage à destination des Indes.

Ce voyage en fait prend fin à l’île Bourbon (aujourd’hui la Réunion) lieu où il écrit les premiers poèmes de son principal recueil « Les fleurs du mal ». De cette île lui viendra aussi un certain goût pour l’exotisme, thème prégnant dans son oeuvre, et une attirance pour les femmes « typées ».

De retour en France en février 1842, Baudelaire est majeur quelques semaines plus tard et le voilà à la tête d’un capital de soixante-quinze mille francs qui lui permet de flâner à sa guise et de goûter au haschich. Il s’éprend de Jeanne Duval, une mulâtresse, figurante infime, ivrognesse sans intelligence ni coeur qu’il érigera comme la « Vénus noire » de son oeuvre. Cette liaison n’empêche pourtant pas le poète de poursuivre de ses assiduités Marie Daubrun en 1847 et Mme Sabatier en 1852.

Jamais il ne se détachera de Jeanne Duval qu’il méprise, qui le trompe sans répit, de qui lui parvient encore, dans son agonie bruxelloise, les plus sordides demandes d’argent. Il connaît très rapidement la gène, et le général Aupick voyant fondre l’héritage lui fait donner un conseil judiciaire [1] en 1844.

Baudelaire qui n’a encore rien fait imprimer à ce jour est contraint pour survivre, de publier coup sur coup : « le Salon de 1845, des articles de critique littéraire dans le Corsaire-Satan, le Salon de 1846 qui consacre sa réputation de critique d’art, et des nouvelles : le Jeune enchanteur (1846), la Fanfarlo (1847) ».

Arrive la Révolution de 1848 qui voit le 24 février un Baudelaire faisant partie des insurgés, hurler « Il faut aller fusiller le général Aupick ! ».

Sans rompre avec Jeanne, il a en 1852, une liaison avec une actrice de la Gaîté, Marie Daubrun et conçoit pour Apollonie Sabatier un amour mystique et éperdu, qui pendant cinq ans va s’exprimer par des lettres anonymes et l’envoi de poèmes qui regroupés par la suite composeront les « Fleurs du mal ». Cette dernière s’offre à son adorateur et est abandonnée le lendemain même par Charles. Malgré cela elle restera pour toujours son amie !

Hippolyte Babou trouve le titre des « Fleurs du mal » et l’éditeur Poulet-Malassis, ami intime de Baudelaire publie le volume en 1857. Le Figaro du 5 juillet crie au scandale et le 20 août Baudelaire est condamné à trois cents francs d’amende pour outrages à la morale publique et aux bonnes moeurs, et ordonne la suppression de six pièces : « Lesbos, Femmes damnées, le Léthé... ».

Veuve, la mère de Baudelaire se retire à Honfleur où Charles travaillera avec acharnement dans les moments de grande détresse.

En 1858 paraissent « Les Aventures d’Arthur Gordon Pym » et la première partie « des Paradis Artificiels » , en mai 1859, l’étude sur Théophile Gautier, puis en 1861, Poulet-Malassis publie la seconde édition des « Fleurs du mal ».

A la fin de cette année, Baudelaire pose sa candidature à l’Académie française, mais sur les conseils amicaux de Sainte-Beuve et de Vigny, sa candidature est retirée en février 1862.

Ses soucis d’argent s’aggravant, sa santé se détériore, il fuit Paris et s’installe en Belgique en avril 1864. Malheureusement, les conférences sur lesquelles il avait fondé de grands espoirs tournent au désastre.

C’est la misère et pour se venger du pays qui lui a infligé cette humiliante déception, il écrit les épigrammes des Amoenitates Belgicæ. Un jour de mars 1866, visitant avec Poulet-Malassis et Félicien Rops l’église Saint-Loup de Namur, il tombe frappé d’étourdissement.

Aphasique, hémiplégique, toujours lucide, il vit un long martyre et meurt enfin, à quarante-six ans, le 31 août 1867 à Paris. Depuis le printemps, sa mère était à son chevet. Il recevait des visites : Sainte-Beuve, Leconte de Lisle, Apollonie Sabatier...

On l’enterre au cimetière Montparnasse dans le caveau où, depuis dix ans, reposait le général Aupick.

Ses principales oeuvres

par Webmaster


[1] Personne que la justice choisit pour gérer les biens d’une autre personne, frappée d’interdiction.


Publié le 15 septembre 2003 - Modifié le 16 septembre 2006
 
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