Banniere

La place Vendôme

JPEG - 16.6 ko
Place Vendôme
www.structurae.net - photo Jacques Mossot

Tout droit sortie de l’imagination du roi soleil Louis XIV, la place Vendôme constitue le joyau de Paris en même temps que le symbole de la monarchie absolue où se dérouleront à la fois les foires du royaume ainsi que les mariages royaux. A l’époque où Paris est avant tout constitué de rues étroites et de peu d’espaces ouverts, au contraire la place Vendôme constitue un espace de liberté où l’on peut respirer comme la place de Grève (actuelle place de l’hôtel de ville) et la place royale (actuelle place des Vosges). Rapidement, les plus grosses fortunes s’y installent et font sa renommée, mondiale.

L’oeuvre de Louis XIV

C’est le roi soleil qui est à l’origine du projet. Il voulait quelque chose de grandiose et de magnifique. Conseillé par l’architecte Jules Hardouin-Mansart et par Louvois le superintendant des bâtiments Arts et Manufactures, le roi fait l’acquisition de l’hôtel du duc de Vendôme en 1685. Le domaine couvre huit hectares. Le projet initial préconise une architecture rigoureuse pour les façades et l’implantation d’institutions royales comme la cour des Monnaies, la bibliothèque ou encore les académies.

Mais le chantier n’aboutit pas et le Trésor a du déboursé quand même 2,3 millions de livres. Louis XIV décide de céder gratuitement les terrains à la ville de Paris. Affaire conclue le 7 avril 1699 mais le roi y met des conditions, réduire les dimensions initiales de la place, et que les dessins des façades soient conservés.

Rapidement, les plus grandes fortunes s’y installent comme le banquier John Law l’inventeur du papier monnaie, qui s’y installe en 1718. On y retrouve aujourd’hui les plus luxueuses boutiques de Paris.

Lieu symbolique des évènements : révolution, coups d’Etat, retour au pouvoir des royalistes.

Les révolutionnaires ne s’y sont pas trompés et prennent possession de ce haut lieu symbolique, pour l’utiliser à leurs fins. Le 11 août 1792 Danton investit la Chancellerie royale qui est sur la place depuis 1717 et y installe le gouvernement provisoire de la république. La place n’a pas échappé aux horreurs commises pendant la révolution et « la place des piques » doit ce nom à une troupe de femmes qui a dépecé et promené autour de la place, le corps de plusieurs royalistes.

JPEG - 32.3 ko
Colonne Vendôme (détail)
www.structurae.net - photo Jacques Mossot

L’une des premières décisions du gouvernement provisoire est de déboulonner la statue équestre du roi soleil le 13 août 1792.

En 1812, c’est là que le général Malet tente un coup d’Etat après avoir annoncé la mort de l’empereur à Moscou. Il est vite maîtrisé avec ses complices et exposé à la foule.

En 1816 la foule est venue assister à la dégradation du général Bonnaire ancien soldat de l’empire condamné pour la mort accidentelle du chef d’état major de louis XVIII. Les royalistes ont choisi soigneusement le lieu de cette cérémonie, ce sera au pied de la colonne Vendôme érigée en 1810 par Napoléon, en hommage à la grande armée.

Cette colonne est faite de 1200 canons pris en trophée dont on a coulé le bronze. Chaque régime politique en fera un faire valoir.

La Restauration y plante son drapeau blanc après avoir ôté l’effigie de Napoléon. La Monarchie de Juillet y plante son drapeau tricolore, avant d’y remettre une statue de Napoléon, dans un souci de consensus politique. Les troupes de Napoléon III convergent vers cette colonne lors de la célébration des victoires de Magenta [1] et de Solferino [2].

La colonne est renversée par les communards [3] le 16 mai 1871.

Enfin, elle est restaurée et remise sur son piédestal par la IIIème république. Elle trône toujours aujourd’hui du haut de ses 44 mètres sur la célèbre place.

Les passions politiques ont désormais déserté les lieux et laissé place aux boutiques de luxe. On y trouve toujours la chancellerie.

par Coligny


[1] Victoire de Mac-Mahon sur les Autrichiens le 4 juin 1859.

[2] Ville d’Italie où les Franco-Piémontais, commandés par Napoléon III, vainquirent les Autrichiens le 24 juin 1859. Cette bataille, extrêmement meurtrière, incita H. Dunant à entreprendre son action, qui aboutit à la fondation de la Croix-Rouge.

[3] Nom donnée aux membres et partisans de la Commune de Paris en 1871 par les adversaires de celle-ci.


Publié le 31 août 2004 - Modifié le 17 septembre 2006
 
Site réalisé avec Spip 1.9.2c [10268] - Espace Privé
Hit-Parade
Nous avons fait l'objet d'une déclaration à la CNIL, récépissé de déclaration N°732213