Le syndicat national des enseignements de second degré, connu sous le sigle SNES ou SNES-FSU, est la principale organisation syndicale des professeurs de collège et de lycée général et technologique en France. Il représente aussi les conseillers principaux d’éducation (CPE), les psychologues de l’Éducation nationale, les assistants d’éducation ainsi que les contractuels et les stagiaires. Membre de la FSU depuis 1993, il défend les carrières, les salaires et les conditions de travail des personnels, et il porte une vision de l’École publique. Son site national est snes.edu. Chaque académie a aussi sa propre section, qui s’occupe de l’adhésion, des permanences et du conseil individuel.
- Sigle : SNES, rattaché à la Fédération syndicale unitaire, d’où l’appellation SNES-FSU.
- Public : enseignants du second degré, CPE, Psy-EN, AED, contractuels et stagiaires.
- Forme actuelle : issue en 1966 de la fusion du SNES « classique et moderne » avec le syndicat de l’enseignement technique (SNET).
- Contact : site national, sections académiques et représentants syndicaux dans les établissements.
Sommaire
ToggleLe syndicat national des enseignements de second degré en bref : sigle, mission et organisation
Le pluriel du nom a une raison précise. Quand l’ancien Syndicat national de l’enseignement secondaire fusionne en 1966 avec le syndicat de l’enseignement technique, la nouvelle structure prend le nom de Syndicat national des enseignements de second degré, pour réunir sous un même sigle les voies générale et technologique. Le sigle SNES reste le même, mais le périmètre s’élargit.
Sa mission tient en trois verbes : représenter, défendre et revendiquer. Le SNES siège dans les instances de dialogue social de l’Éducation nationale, accompagne les collègues dans leur carrière (mutations, promotions, rendez-vous de carrière, litiges) et prend position sur les réformes éducatives. Depuis la loi de transformation de la fonction publique de 2019, les commissions paritaires ne sont plus consultées sur les mutations et les promotions. Le conseil individuel apporté par les élus syndicaux compte donc davantage pour les personnels, qui doivent souvent préparer seuls leurs démarches.
L’organisation interne suit une logique pyramidale que l’on retrouve dans le jargon militant :
- S1 : la section d’établissement, au plus près des équipes ;
- S2 : la section départementale ;
- S3 : la section académique, qui gère l’adhésion, les permanences et les dossiers individuels ;
- S4 : le niveau national, avec ses instances élues et son secrétariat général, installé à Paris.
Quels personnels du second degré le SNES-FSU représente-t-il ?
Le champ de syndicalisation du SNES est souvent mal compris. On pense à tort qu’il couvre tout le secondaire, alors que la FSU répartit les métiers entre plusieurs syndicats nationaux. Le tableau ci-dessous indique, profil par profil, qui est concerné.
| Profil | Relève du SNES-FSU ? | Précision |
|---|---|---|
| Professeurs certifiés et agrégés (collège, lycée général et technologique) | Oui | Cœur historique du syndicat |
| Conseillers principaux d’éducation (CPE) | Oui | Vie scolaire et suivi des élèves |
| Psychologues de l’Éducation nationale, spécialité EDO | Oui | Anciens conseillers d’orientation-psychologues |
| Assistants d’éducation (AED) et AESH en collège et lycée | Oui | Personnels souvent précaires, très suivis par les sections |
| Contractuels et stagiaires | Oui | Permanences spécifiques dans plusieurs académies |
| Professeurs d’EPS | Non | Syndiqués au SNEP-FSU |
| Professeurs de lycée professionnel (PLP) | Non | Syndiqués au SNUEP-FSU |
| Personnels de direction | Non | Représentés au sein de la FSU par le SNUPDEN-FSU |
| Enseignants-chercheurs du supérieur | Non | Relèvent du SNESUP-FSU |
Pour un étudiant qui prépare les concours, se renseigner sur le syndicat avant sa titularisation n’est pas un luxe. Le guide Devenir enseignant en France présente les étapes du parcours, et l’année de stage est justement le moment où les questions d’affectation, de tutorat et de validation se posent avec le plus d’acuité.
Origines du syndicalisme des enseignements de second degré, de 1884 à 1944
L’histoire du SNES illustre bien la lente conquête du droit syndical par les fonctionnaires. Pour un historien, elle montre aussi comment se sont construites les grandes familles du syndicalisme enseignant français.
Des amicales de professeurs au droit syndical toléré en 1924
La loi Waldeck-Rousseau de 1884 légalise les syndicats professionnels, mais l’État refuse d’en étendre le bénéfice à ses propres agents. Les professeurs de lycée s’organisent donc en amicales, puis en associations dans le cadre de la loi de 1901. Ces groupements défendent le traitement et le statut, sans pouvoir se dire syndicats. La victoire du Cartel des gauches en 1924 change la donne : le gouvernement Herriot tolère la transformation des amicales de fonctionnaires en syndicats. Il s’agit d’une tolérance de fait, puisque la reconnaissance juridique pleine n’arrive qu’avec le statut général des fonctionnaires de 1946.
Confédéralisation, CGTU et naissance du SPES en 1937
Une fois le mot « syndicat » admis, une question divise les professeurs du secondaire pendant une décennie : faut-il adhérer à une confédération ouvrière ? C’est le débat de la confédéralisation. D’un côté, une partie des enseignants tient à l’autonomie d’un corps qui se perçoit comme une élite intellectuelle. De l’autre, des militants veulent s’ancrer dans le mouvement ouvrier, soit dans la CGT avec la fédération animée notamment par Ludovic Zoretti, soit dans la CGTU, où agissent des syndicalistes communistes comme Georges Cogniot ou Jean Bruhat.
Le congrès de 1933 voit ces tendances s’affronter, une proposition de rapprochement est discutée en 1934, puis une fusion syndicale intervient en 1935 dans la dynamique d’unité qui annonce le Front populaire. L’aboutissement arrive en 1937 avec la création du Syndicat du personnel de l’enseignement secondaire (SPES), rattaché à la CGT.
De l’interdiction sous Vichy au SNES de la Libération
La guerre interrompt ce mouvement. Dès 1940, le régime de Vichy dissout les syndicats de fonctionnaires et les centrales syndicales, et une partie des militants poursuit son action dans la clandestinité. À la Libération, en 1944, naît le Syndicat national de l’enseignement secondaire, émanation des enseignants au sein de la CGT. C’est l’ancêtre direct du SNES actuel.
De la FEN à la FSU : la construction du SNES-FSU contemporain
La seconde moitié du XXe siècle donne au syndicat sa forme actuelle. Les grandes étapes peuvent se résumer ainsi :
- 1948 : lors de la scission entre la CGT et Force ouvrière, la Fédération de l’éducation nationale (FEN) choisit l’autonomie. Le SNES y prend place et y reste plus de quarante ans.
- 1966 : la fusion avec le SNET donne naissance au Syndicat national des enseignements de second degré.
- 1967 : le courant Unité et Action devient majoritaire dans le syndicat, ce qui le place en opposition avec la direction de la FEN.
- 1992 : les tensions internes aboutissent à l’exclusion du SNES et du SNEP de la FEN.
- 1993 : ces syndicats fondent la Fédération syndicale unitaire. Le SNES devient le SNES-FSU.
Cette trajectoire explique pourquoi le SNES revendique aujourd’hui une forte légitimité historique : il n’est pas une création récente, mais l’héritier de près d’un siècle de syndicalisme secondaire. Elle éclaire aussi son attachement au pluralisme interne, puisque les tendances y sont reconnues et votent lors des congrès.
SNES, SNES-FSU et FSU : bien distinguer les trois niveaux
Beaucoup de lecteurs confondent les sigles. Ils ne désignent pourtant pas la même chose :
- Le SNES est le syndicat national, compétent pour son champ de métiers.
- SNES-FSU est simplement le nom complet utilisé depuis 1993, qui rappelle son appartenance fédérale.
- La FSU est la fédération qui regroupe 21 syndicats nationaux de l’éducation, de la recherche, de la culture et d’autres secteurs de la fonction publique. Elle revendique environ 200 000 adhérents.
En pratique, on adhère au SNES-FSU, et cette adhésion fait de vous un membre de la FSU. La fédération porte les sujets transversaux (salaires de la fonction publique, retraites, protection sociale), tandis que le SNES traite ce qui relève spécifiquement des collèges et lycées.
Le positionnement actuel du SNES-FSU sur l’École publique
Le SNES-FSU se présente comme le syndicat majoritaire du second degré, statut qu’il appuie sur ses résultats aux élections professionnelles. Ses priorités récentes sont constantes : revalorisation des salaires, baisse des effectifs par classe, défense des statuts, opposition à la précarisation et vigilance sur les réformes pédagogiques.
La réforme du lycée et du baccalauréat engagée en 2019 a beaucoup mobilisé le syndicat, notamment sur le contrôle continu et l’organisation des épreuves de spécialité. Les filières technologiques, héritage direct de la fusion de 1966, restent un point d’attention, comme le montre la fiche Bac STMG qui détaille les spécialités de cette voie. Les débats sur la valeur du diplôme reviennent aussi chaque été, au moment où paraissent des bilans comme les Résultats bac 2025.
Sur la rémunération, l’argumentaire syndical repose sur le gel prolongé du point d’indice, qui touche l’ensemble des fonctionnaires. Comparer les carrières est éclairant : une Grille attaché territorial ou une Grille indiciaire agent de maîtrise obéissent à la même mécanique d’échelons et d’indices que celle des professeurs certifiés, ce qui permet de mesurer ce que représente une revalorisation d’une catégorie à l’autre. Pour la rentrée 2026, le syndicat a de nouveau appelé à l’action collective autour des postes, des effectifs et des salaires.
Le SNES-FSU parmi les autres syndicats enseignants du secondaire
Le paysage syndical du second degré est pluraliste. Situer le SNES par rapport aux autres organisations aide à comprendre ses choix :
| Syndicat | Affiliation | Trait distinctif |
|---|---|---|
| SNES-FSU | FSU | Syndicat de métier majoritaire, tradition revendicative |
| SE-UNSA | UNSA | Héritier de l’ancienne majorité de la FEN, couvre premier et second degré |
| SGEN-CFDT | CFDT | Syndicat général de l’éducation, culture de la négociation |
| SNALC | Hors grandes confédérations | Attachement aux disciplines et à l’exigence scolaire |
| SNFOLC | FO | Défense du statut et des garanties nationales |
| CGT Éduc’action | CGT | Ancrage interprofessionnel |
| SUD éducation | Solidaires | Fonctionnement autogestionnaire, positions radicales |
Le choix d’un syndicat reste personnel. Les critères les plus utiles sont la présence locale dans votre académie, la qualité du suivi individuel et la proximité avec vos convictions sur l’école.
Adhérer au syndicat national des enseignements de second degré ou contacter sa section
L’adhésion se fait en ligne depuis le site national, qui oriente ensuite vers la section académique compétente. La cotisation varie selon le corps, l’échelon et la quotité de service. Elle peut être réglée en plusieurs fois et ouvre droit à un crédit d’impôt égal à 66 % du montant versé, selon les règles fiscales en vigueur. Le barème exact se consulte au moment de l’adhésion.
Pour un simple renseignement, trois portes d’entrée existent. Le représentant SNES de votre établissement est le premier relais. La section académique tient des permanences téléphoniques et physiques, parfois réservées à certains publics : à Nantes, par exemple, des créneaux distincts sont prévus pour les non-titulaires et pour les stagiaires. L’annuaire des syndicats nationaux de la FSU recense enfin les coordonnées et le champ de syndicalisation de chaque structure, utile si votre métier relève d’un autre syndicat de la fédération.
Les attentes changent selon le profil. Un stagiaire cherche surtout des conseils pour sa première affectation et sa titularisation. Un professeur expérimenté vient plutôt pour une promotion, une mutation interacadémique ou un conflit avec la hiérarchie. Un AED ou un contractuel veut avant tout être aidé sur son contrat et son renouvellement. Dans les trois cas, adhérer revient à combiner un appui individuel et une voix collective, ce qui reste le principe fondateur du syndicalisme depuis les amicales du début du XXe siècle.
+Que signifie exactement le sigle SNES ?
SNES signifie Syndicat national des enseignements de second degré. Avant 1966, le même sigle désignait le Syndicat national de l’enseignement secondaire. Le passage au pluriel « enseignements » vient de la fusion avec le syndicat de l’enseignement technique.
+Le SNES-FSU est-il le premier syndicat dans les collèges et lycées ?
Le SNES-FSU se présente comme le syndicat majoritaire des enseignants, CPE et Psy-EN du second degré, sur la base des élections professionnelles. Les scores précis varient d’un scrutin à l’autre et se consultent dans les résultats officiels publiés par le ministère.
+Un contractuel ou un assistant d’éducation peut-il se syndiquer au SNES ?
Oui. Les contractuels, les AED et les stagiaires font partie du champ de syndicalisation du SNES-FSU. Plusieurs sections académiques leur réservent même des permanences spécifiques.
+Combien coûte une adhésion au SNES-FSU après réduction fiscale ?
Le montant dépend du corps, de l’échelon et du temps de service. Le crédit d’impôt de 66 % réduit fortement le coût réel : une cotisation de 150 euros revient environ à 51 euros après prise en compte de l’avantage fiscal, sous réserve des règles applicables l’année concernée.
+Le SNES représente-t-il les professeurs de lycée professionnel ?
Non. Au sein de la FSU, les professeurs de lycée professionnel relèvent du SNUEP-FSU, les professeurs d’EPS du SNEP-FSU et les personnels de direction du SNUPDEN-FSU.
+Quelle publication le SNES édite-t-il pour ses adhérents ?
Le journal historique du syndicat s’appelle L’Université syndicaliste, souvent abrégé en « l’US ». Il traite de l’actualité professionnelle, des carrières et des positions du syndicat, et il est complété par des publications académiques et des supports numériques.
